
writting
Par contre là, quand c'est un texte qui s'écrit, c'est pour moi généralement en français. Cette langue hybride que certain-es cherchent, peut-être plus que toute autre, à rendre désespérément pure et originelle ("mère des arts, des armes et les lois", mdr), et noble. Surtout pas populaire. Cette langue, c'est pourtant la fille d'un bas latin qu'un peuple celtique génocidé n'arrivait pas à prononcer. Créolisée de barbarie franque, arabe, et nourrie de culture occitane, bretonne, italienne, espagnole... et surtout de tous ces parlers des anciennes colonies, des argots de ses bas-fonds et de l'inventivité de toustes ces marginiales.
Alors la mère-grand, c'est papa
extrait - travail en cours
Alors la mère-grand, c'est papa.
Papa
“papa” déguisé en “mère-grand”
Mais qui c'est “papa” ?
Qui c'est - qui s'est
déguisé en “papa” ?
Qui, mieux que le loup, se goinfre ?
Qui se goinfre et s'engouffre l'enfant ?
C'est qui ? se demande “l'enfant”
C'est qui ça ? se demande
ce qui survit à son engouffrement
Et puis pourquoi ?
Pourquoi ? se demande “l'enfant”
– c'est pour mieux te dévorer mon enfant
te dévorer encore et en corps
Le loup c'est le loup, dit l'enfant,
avec un visage de loup
mais ça, “papa” ?
Et puis, et puis qui se demande ça ?
C'est “moi” ?
C'est qui qui dit ça ?
se demande l'enfant encore et encore
en silence et en corps
l'enfant qui survit avec le gouffre en soi
l'enfant qui survit
et engouffre le gouffre en soi
je suis morte avec mon corps toujours là
lui il a poucé en moi
et puis il m'a poussé en lui
et maintenant ça pousse en moi
est-ce que je retrouverai le chemin de moi ?
et que faire de l'enfant ?